Décadence

Je n'ai plus eu l'occasion d'exploiter davantage les mots que les images.
A chacun ses raisons, les miennes sont graves et lourdes depuis quelques mois.
En début d'année j'ai pris la décision de rejoindre une école d'infographie à Namur. Grave erreur. Tous les jours 2h de train aller-retour passées à fuir quelques têtes connues à travers les wagons et à s'enfoncer profondément dans son siège quand ces mêmes têtes passaient à votre niveau. Trop intériorisé, clairement asocial, voir parti prit et défendu. Se remettre au goût du jour, reprendre des études différentes, commencer, recommencer au milieu de tout ce monde que tu ne connais pas et avec qui tu n'as envie de rien partager.

Enfoncer sa casquette, remonter son col, je suis asocial foutez moi la paix. Les gens passent à mon niveau, j'ai envie de les regarder de haut, ils n'ont que 18-19 ans. Ils me sourient je leur renvoi un sourire maladroit, des mains se serrent, l'une froide l'autre chaude et amicale. Ma couleur de macabé ne contraste pas avec la rangée d'écran qui nous attendent dans nos nouveaux locaux. On s'installe, à l'écart au début, regroupé à la fin. C'est la machine qui rencontre la machine. Le clavier grince, la souris colle, les câbles ont eu le temps de se familiariser avec le scotch, le sol porte les marques des roues des sièges et du temps passé.

Mon quotidien durant ces quelques mois. Monter dans un train. Travailler devant un ordinateur. Monter dans un train. Glander devant un ordinateur. Dormir. C'était sans compter sur les nerfs, ce qui vous travaille l'esprit, qui vous écorche la vue: "Putain Val mais qu'est-ce que tu fous dans ce trou". Ton univers, ton monde, ta création, tout annihilé. Puis c'est la goutte de trop, le verre explose, la machine disjoncte, mais pas la bonne, la machine humaine, celle qui n'a pas besoin de câble pour survivre.

Les mois qui suivirent font partie des pires de ma vie, ma cyberdépendance reprit le dessus. Unique réponse à mon état végétatif comme une machine dont le disque dur à grillé et qui refuse de se réparer. Pas tellement humain au final. Juste le temps d'un déclic. Puis revenir machine. Mais une machine morte, anéantie par ses principes, par ce qu'elle n'a pas pu atteindre. Quel intérêt de se comporter comme une machine quand on n'a pas goût à la vie. Le suicide? Pour les faibles! La rue? Déjà suffisamment infestée de zombis. Mais alors quoi? "Te reconstruire Val putain!" Non. Cette vie de merde me convient. Ou pas? C'est le bordel dans ma tête. C'est le bordel dans ma vie. C'est le bordel dans le monde.

Elle vient quand la météorite?
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# Posté le dimanche 13 juillet 2008 17:03
Modifié le lundi 14 juillet 2008 11:45

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# Posté le samedi 12 juillet 2008 08:31
Modifié le samedi 12 juillet 2008 08:48

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# Posté le samedi 12 juillet 2008 07:59
Modifié le samedi 12 juillet 2008 08:16

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# Posté le samedi 12 juillet 2008 07:47
Modifié le samedi 12 juillet 2008 07:57

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Quelques têtes des petits champions de mon stage de BD aux ateliers d'art contemporain. Encore toutes mes félicitations pour votre beau boulot =)
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# Posté le samedi 12 juillet 2008 07:39